Le PPP Podcast

Le PPP Podcast est un podcast créé par Pierre Le Damany, lui-même atteint de bégaiement. A travers les différents épisodes, il partage ses réflexions sur le fait d’être bègue, les challenges constants auxquels ces derniers doivent faire face, le rapport avec nous « fluents », autrement dits non-bègues, ainsi que leur place au sein des médias et de la société en règle générale.  

Le bégaiement, qu’est-ce que c’est ?
D’après le Dictionnaire Le Robert, il s’agit d’un trouble de la parole qui se manifeste par la répétition saccadée d'une syllabe et l'arrêt involontaire du débit des mots. 1% de la population serait touchée soit plus de 600 000 personnes bègues en France et les hommes semblent être majoritairement impactés (trois à quatre fois plus que les femmes). Ce n’est pas une maladie à proprement parler, mais plutôt un trouble. Les causes ne sont pour l’instant pas clairement établies, mais une origine neurologique, psychologique, émotionnelle ou encore comportementale pourrait être établie.
Le PPP Podcast, le podcast santé qui nous immerge dans la tête d’un bègue
Pierre raconte ses propres expériences de vie, sur un ton décalé, rempli d’auto-dérision et d’humour grisant, ce qui rend l’écoute très agréable. Les épisodes sont courts, en moyenne cinq minutes, ce qui est relativement atypique comparé aux autres podcasts d’une vingtaine de minutes. Il mêle des extraits d’émissions sur le bégaiement pour introduire ses propos, ce qui donne une dimension très artistique à sa plateforme d’écoute.
L’auteur nous permet d’entrer dans sa tête et démonte les clichés auxquels il a pu être confronté comme « éviter de parler quand on est bègue ». Le podcasteur travaille dans la création digitale et n’a fait que se confronter à sa peur de bégayer en allant en classe préparatoire, connue pour ses nombreux oraux, puis en utilisant sa voix pour libérer ses pensées. Le PPP Podcast est donc en quelque sorte une thérapie pour lui. 
Il nous permet d’être dans l’empathie et de s’imaginer l’enfer et l’angoisse de la moquerie du jugement des autres, le sentiment de solitude que les bègues peuvent éprouver, la peur d’avoir peur de bégayer parce que les situations stressantes déclenchent plus facilement le bégaiement. 
Devoir se préoccuper constamment du fond de ses propos ainsi que de la forme à l’air d’être un combat permanent. Il se décrit lui-même comme un demi-bègue et est atteint d’une forme légère de bégaiement, ce qui ne se remarque pas vraiment à l’écoute. Trouver sa place quand on ne peut rentrer dans aucune catégorie, ni complètement fluent, ni complètement bègue, semble renforcer ce sentiment d’exclusion et d’incompréhension. 
Néanmoins, c’est un message plein d’espoir qu’il transmet aux personnes aussi atteintes de ce trouble de l’élocution. « Être bègue, c’est être en harmonie avec le monde entier, que tout le monde est capable de compléter la phrase avant même de l’avoir fini ». Il montre que l’on peut faire de son bégaiement une force, un objet d’auto-dérision pour mieux le vivre, voire un atout de séduction ...
Zoom sur l'épisode 1 – Le Dalaï-lama à sens unique
Dans le premier épisode, François Bayrou, patron et fondateur du MoDem (mouvement démocrate) créé en 2007, est pris pour modèle. Pris en grippe par sa maîtresse d’école, il a réussi à tenir des conférences dans le milieu politique avec une fluidité et un charisme fulgurant. Par ailleurs, Pierre aborde la notion de stress qui provoque le bégaiement ainsi que le cercle vicieux du bégaiement qui provoque à son tour du stress. 
Pour lui, « cela force à se confronter au handicap. La meilleure façon de s’en débarrasser, c’est de l’accepter, de l’embrasser et de faire corps avec. Il revient aussi sur la gêne que nous pouvons ressentir, nous fluents, qu’il appelle ironiquement moldus, en référence à Harry Potter. « Certains non bègues les imitent, des personnes essayent quant à elles de terminer les phrases, d’autres s’improvisent sophrologues, tandis que certains interlocuteurs attendent. Le risque c’est de tomber dans le misérabilisme. » Il donne des conseils destinés aux auditeurs, afin de mieux aborder et prendre en charge le moment gênant. « La meilleure réaction s’est de faire abstraction de son bégaiement et se concentrer sur ce que le bègue dit. »
Zoom sur l'épisode 4 – Le dictateur bouddhiste
Le quatrième épisode appelé « Le dictateur bouddhiste », est un des épisodes phares de son podcast santé. Il relate comment le bégaiement lui impose de faire place à la paix intérieure, car ce n’est que dans un état d’esprit serein qu’il ne va pas bégayer. Il le personnifie comme « coach de développement personnel » ou « dictateur bouddhiste », qui lui a permis finalement de ne plus être affecté par des événements insignifiants. Le jeune homme a réalisé que c’est nos interprétations des événements et non pas les événements qui nous font souffrir. De même, il parle du rapport qu’il a pu entretenir avec les filles avec son bégaiement. Les écrans ont aidé à plus facilement briser la glace, mais ont également eu pour effet en contrepartie, d’idéaliser les gens par rapport à lui. Pierre explique par ailleurs, que son handicap à influencé l’image qu’il se faisait des autres. Il insiste enfin sur l’importance de rester soi-même malgré la personnalité qu’il a dû créer, à cause de la blessure narcissique instaurée par le bégaiement.
En conclusion, empathie, compassion, humour sont les notions importantes que l’on peut retenir de ce podcast. Ce dernier nous invite à aller à la découverte de l’autre, ici le bègue, et à prendre conscience des défis que ce dernier a pu rencontrer et continue à affronter dans son parcours de vie. Merci d’être arrivé jusqu’ici, nous pouvons que vous inciter à aller écouter son podcast !